La commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté un amendement au projet de loi de finances pour 2027 qui porterait le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Au taux actuel de 1,7 %, un livret rempli rapporterait environ 120 euros d’intérêts de plus par an. Mais la mesure est loin d’être acquise, et elle ne profiterait pas à tous les épargnants de la même façon.
- Plafond proposé : 30 000 euros, contre 22 950 euros depuis 2013, soit 7 050 euros de versements possibles en plus.
- Au taux de 1,7 %, un livret plein rapporterait environ 510 euros par an, au lieu de 390 euros.
- L’amendement doit encore passer la séance publique puis le Sénat.
- Seule une minorité de livrets atteint aujourd’hui le plafond.
Plan de l'article
Que prévoit exactement l’amendement ? #
Le texte est porté par Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des finances. Selon BFM Business, qui a détaillé la mesure le 16 octobre, l’amendement entend « dégager 5 milliards d’euros afin de financer des prêts pour rénover les logements sociaux », selon l’exposé publié sur le site de l’Assemblée nationale.
Il comporte un second volet, moins commenté : porter à au moins 70 % la part des fonds du Livret A centralisée à la Caisse des dépôts, contre 59,5 % actuellement. Le reste est aujourd’hui conservé par les banques.
Combien gagnerait un épargnant ? #
Le calcul est simple. Avec un taux de 1,7 %, un Livret A plein à 22 950 euros produit environ 390 euros d’intérêts par an. À 30 000 euros, ce montant passerait à 510 euros, soit 120 euros de plus, comme le chiffre Capital dans son article du 16 octobre.
Ce gain ne concerne que ceux qui ont déjà rempli leur livret et qui disposent d’une épargne supplémentaire à y loger. Pour un livret à moitié vide, le relèvement du plafond ne change rien au rendement.
Qui en profiterait vraiment ?
D’après les chiffres rappelés par BFM Business, 83 % des Français possédaient un Livret A fin 2025 selon la Banque de France, mais seulement 15 % des livrets dépassent le plafond. La mesure bénéficierait donc d’abord aux ménages capables d’épargner au-delà de 22 950 euros.
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« Les ménages qui peinent à mettre de l’argent de côté ne profiteront pas directement de cette mesure », souligne Louise Girard, analyste de marchés chez XTB France, citée par BFM Business. Elle rappelle que chaque membre du foyer peut détenir un livret : « un couple aisé pourrait porter sa trésorerie d’épargne avec un capital garanti à 60 000 euros, de manière non fiscalisée ».
Pour les foyers modestes éligibles, le Livret d’épargne populaire reste mieux rémunéré que le Livret A, avec des intérêts eux aussi exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. C’est par lui qu’il faut commencer avant de se soucier du plafond du Livret A.
Le précédent de 2012-2013 #
Le plafond n’a été relevé qu’une seule fois dans l’histoire récente : de 15 300 à 19 125 euros en octobre 2012, puis à 22 950 euros le 1er janvier 2013. Selon une note du Cercle de l’Épargne citée par les deux médias, les ménages avaient alors transféré vers l’épargne réglementée des sommes venues de leurs comptes courants, de livrets bancaires fiscalisés et de l’assurance vie.
Le Cercle de l’Épargne estime qu’un plafond à 30 000 euros pourrait « potentiellement » générer 10 milliards d’euros d’encours supplémentaires. Il prévient aussi d’un manque à gagner fiscal, faible si l’argent vient de comptes courants non rémunérés, plus important s’il quitte des placements imposables.
Les objections des banques et la question fiscale #
L’idée n’est pas nouvelle : la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, l’avait déjà avancée en septembre. Olivier Gavalda, président de la Fédération bancaire française, avait répondu que la mesure « ferait instantanément grimper l’encours, ce qui représenterait des intérêts qui échapperaient à l’impôt ».
Une zone d’ombre demeure : l’amendement ne précise pas le sort fiscal des intérêts. En septembre, la Cour des comptes avait de son côté proposé de soumettre au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % les intérêts produits au-delà du plafond, rappelle BFM Business.
Faut-il attendre pour réorganiser son épargne ? #
Non. Le vote en commission n’est qu’une première étape : l’amendement doit encore être examiné en séance publique à l’Assemblée, puis par le Sénat, avant une éventuelle inscription dans le budget définitif pour 2027. Rien ne change pour l’instant, et le plafond reste fixé à 22 950 euros.
Le bon réflexe reste de dimensionner son épargne de précaution, généralement entre trois et six mois de dépenses, puis de vérifier l’ordre de remplissage : LEP si l’on y a droit, Livret A et LDDS ensuite. Au-delà, un placement de plus long terme peut mieux protéger contre l’inflation.
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« Au-delà de 3 à 6 mois de salaire à placer, il ne faut pas épargner, il faut investir », estime Mathieu Silva Santos, directeur de l’offre chez Goodvest, interrogé par BFM Business.
Ce qu’il faut retenir
Un Livret A à 30 000 euros rapporterait 120 euros de plus par an à un épargnant qui le remplit entièrement, au taux actuel. La mesure intéresse surtout les ménages qui ont déjà saturé leurs livrets, et son avenir se jouera dans la suite de la discussion budgétaire. D’ici là, rien ne presse : mieux vaut optimiser les enveloppes existantes.




